Je suis passée à un autre bouquin...trop prise de tête pour moi pour le moment!
1ère impression, page 43 sur 1400 :
C'est du lourd! l'histoire d'un nazi, son point de vue sur la solution finale .....c'est une position difficile à défendre
On dirait un cours d'unif, hyper bien documenté et orienté.
- de ceux qu'on a envie d'applaudir à la fin de la démonstration.
Style incisif et direct, qui pousse à la réflexion - faut parfois s'accrocher pour suivre.
Les difficultés de chiffres et calcul de morts, de grades militaires allemand, le détail de la fabrication de la dentelle, la comparaison chiffrée des morts de la guerre d'Algérie et de l'extermination juive etc etc
on ne ménage pas le lecteur, on ne lui simplifie pas la lecture : quand il explique ...il explique!
C'est assez intello....ça fait du bien, pour une fois l'écrivain ne prend pas le lecteur pour un abruti!.
Constatez par vous même, ça vaut quelques secondes :
extrait
«En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j'ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.»
Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait : l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.